Montérégie : les dernières vérifications avant les Championnats du monde sur route UCI
Ce sont des démarches échelonnées sur près d’une dizaine d’années qu’il aura fallu pour attirer les Championnats du monde sur route UCI. La semaine dernière, une délégation de l’UCI était sur place afin de procéder aux dernières vérifications.
Il s’agit d’une rare visite qui s’en vient sur le territoire. Les 26 et 27 septembre, quatre de nos villes accueilleront le peloton des Championnats du monde sur route UCI Montréal 2026, événement cycliste qui rayonne à l’échelle mondiale. La dernière présentation de cet événement dans la ville remonte à 1974.
Joseph Limare, directeur général (DG) de Montréal 2026, mentionne travailler depuis près d’une dizaine d’années pour attirer les championnats dans sa cour. La candidature a été déposée en 2021. Elle a été validée par l’UCI en 2022 lors de son congrès annuel en Australie. « Ce sont quatre ans de préparation dans une équipe qui s’est étoffée pour atteindre, la semaine venue, de 250 à 300 personnes », chiffre-t-il.
Attirer l’UCI
Dans un premier temps, pour que la course se transporte ici, il a fallu obtenir des partenaires publics pour le financement. En second lieu, il fallait également une région qui endosse la candidature. Ensuite, l’ajout d’une équipe expérimentée était nécessaire. Depuis cinq ans, Joseph Limare parcourt les différents Championnats du monde sur route UCI pour apprendre des autres organisations. Le DG détient une large expérience en matière d’organisation de courses cyclistes professionnelles. Il a travaillé une dizaine d’années pour le Tour de France et deux ans à la diffusion du Tour de France à la chaîne Évasion. Depuis plus de 15 ans, il s’investit sur les Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal.
Choisir la Montérégie
Le départ des sportifs se fera de Brossard et l’arrivée aura lieu à Montréal. Entre-temps, les cyclistes passeront notamment par Chambly, Carignan, Richelieu et Saint-Mathias-sur-Richelieu. Joseph Limare raconte que le premier critère de sélection en est un sportif. « On voulait faire un clin d’œil aux endroits où les cyclistes du Grand Montréal s’entraînent », soutient le DG. Il ajoute que le volet touristique était également à considérer. « La Montérégie est extrêmement sollicitée au niveau touristique avec des programmes de développement et d’accueil. C’était tout indiqué d’y aller », estime-t-il. La notion historique a aussi pesé dans la balance. Plus de 1 000 athlètes d’élite représentant 75 pays s’affronteront lors de cette compétition internationale, diffusée dans 150 pays et suivie par plus de 250 millions de téléspectateurs. « C’est prestigieux. On a la possibilité de faire une belle carte postale et montrer les attraits de la région. Il y a tout un ensemble de facteurs qui font en sorte que ces quatre municipalités font partie du trajet », considère M. Limare.
Une délégation sur place
La semaine dernière, une délégation de l’UCI était sur place afin de procéder aux dernières vérifications. « On était sur les parcours pour vérifier que les travaux prévus par les différentes municipalités sont soit faits ou en cours d’être programmés, et réalisés dans les prochains jours. Normalement, l’ensemble des travaux doit être fait trente jours avant le début des Championnats », indique Joseph Limare.
Le DG affirme que l’objectif n’est pas que les routes soient refaites à neuf, mais bien qu’elles soient sécuritaires. En raison des conditions climatiques, il déclare que la gestion des routes n’est pas la même ici qu’en Europe. « On voulait optimiser les travaux. De les faire trop tôt, c’était vain. On a peut-être une planification un peu plus tardive qu’à l’habitude, mais au bon moment avec notre contexte », nuance M. Limare.
L’enthousiasme se fait sentir chez le DG. « C’est la possibilité d’avoir, devant chez soi, les meilleurs coureurs cyclistes au monde, et c’est un accès gratuit. On sort de la maison, on les voit passer, c’est une véritable expérience. Je vous garantis que quand un peloton passe à 60 km/h juste à côté de vous, c’est très impressionnant », avance M. Limare. Il renchérit que, pour les athlètes, cette proximité leur insuffle une dose d’énergie qui les pousse à se dépasser.
Le trajet
Outre Chambly, Carignan, Richelieu et Saint-Mathias, le tracé des courses mettra en lumière Montréal et quatre municipalités de la Montérégie : Brossard, Mont-Saint-Hilaire, Saint-Jean-Baptiste et Saint-Jean-sur-Richelieu. Après un départ donné à Brossard, le peloton s’élancera à travers les municipalités.
Le peloton franchira ensuite le pont Samuel-De Champlain, survolant le fleuve Saint-Laurent. Enfin, les coureurs rejoindront le circuit du Grand Prix cycliste de Montréal, qui mettra à l’épreuve leur force et leur endurance. Les épreuves couronneront leurs champions sur l’avenue du Parc, au pied du mont Royal.
Parmi les athlètes masculins canadiens à surveiller, il y aura notamment Derek Gee-West, Hugo Houle et Pier-André Côté. Chez les femmes, Magdeleine Vallières-Mill, championne du monde, tentera de conserver son titre. Elle concourra avec le dossard numéro un. Isabella Holmgren, qui a terminé huitième au dernier Tour de France, sera aussi présente. « On a la chance d’avoir un potentiel chez les femmes qui est beaucoup plus grand que chez les hommes, en ce moment, chez les Canadiens », termine Joseph Limare.