Chambly : une rentrée historique pour l’école secondaire 

L’école secondaire de Chambly (ESC) vit une rentrée historique alors que tous les cycles du secondaire seront rassemblés sous un même toit. Le Syndicat de Champlain parle d’une expérience « plutôt amère » en ce qui a trait à ce chantier qui s’est étiré dans le temps.

Environ 1 700 élèves sont réunis sous un même toit. Ce sont 183 membres du personnel, dont 108 enseignants, qui peuplent également l’école. C’est une première que vit l’ESC alors que les élèves de la première à la cinquième secondaire entament leur année scolaire au même endroit. Les travaux de rénovation de l’ancien bâtiment se faisaient en deux phases. La première est complétée. La seconde devrait se terminer en décembre. « Tout le monde doit s’adapter. C’est la cohabitation. Les gens le savent et on est prêts à ça. C’est un dernier petit coup à donner avant de profiter de tous nos espaces », mentionne Marie-Claude Messier, directrice de l’école.

Un soulagement pour les membres

Jean-François Guilbault, directeur du Syndicat de Champlain, affirme que ses membres accueillent avec « soulagement » cette rentrée scolaire. « Avec tous les déboires qu’on a connus dans les dernières années concernant l’agrandissement et la rénovation, et le déplacement de clientèle et de personnel, c’est une expérience plutôt amère qui s’est produite avec cette école. Retrouver tout le monde dans un seul et même lieu, ça met un baume sur toute cette mauvaise expérience vécue. J’espère que le ministère de l’Éducation et le Centre de services scolaire des Patriotes (CSSP) en ont retiré une leçon », soutient-il.

Un projet sur dix ans

Jean-François Roberge, député de Chambly et ministre de la Langue française, a reconnu en mars dernier les longueurs entourant le projet d’agrandissement de l’ESC. Dix années se sont écoulées entre la pétition déposée à l’Assemblée nationale par celui-ci et l’accueil de tous les cycles.

Les premiers coups de pelle ont eu lieu en novembre 2020. Cela faisait alors quatre ans, que la communauté chamblyenne avait officiellement fait entendre à Québec sa volonté d’agrandir l’ESC. Les travaux de construction se sont amorcés au cœur des mesures sanitaires de la COVID-19. Le chantier a vécu un ralentissement et les coûts d’infrastructures ont connu une hausse.

Au début de 2024, les travaux de l’agrandissement se terminaient. Luc Lapointe, ancien directeur général du CSSP, a indiqué qu’il était temps de recevoir le financement nécessaire pour rénover l’ancien bâtiment scolaire. Ce dossier devait être présenté au Conseil des ministres l’été suivant. Ça n’a pas été le cas. En décembre, le CSSP a dû annoncer qu’il n’y aurait pas suffisamment de places pour tous à la rentrée 2025. 

Quand il est devenu concret que tous les élèves qu’ils ne pourraient pas être accueillis à l’ESC pour la rentrée 2025-2026, le CSSP a proposé des solutions temporaires pour pallier à la situation. Celle d’envoyer une cohorte de classes de cinquième secondaire à l’école du Mont-Bruno, comme c’était le cas depuis plusieurs décennies, a été vigoureusement rejetée par plusieurs parents. Les élèves de première secondaire ont finalement occupé l’école du Boisé, à Carignan, lors de la dernière année scolaire. L’ESC a désormais rapatrié tout son matériel qui occupait l’espace de l’école carignanoise.

Des écoles vétustes

Malgré la nouvelle école secondaire, Jean-François Guilbault rappelle la condition d’autres établissements du territoire. « Dans les écoles primaires, construites dans les années 60 et 70, il demeure d’immenses chantiers à examiner. La vétusté est présente. C’est une situation sous-évaluée par l’État. Il faudrait qu’il y ait un sérieux coup de barre pour donner les mêmes conditions à tous les enfants du secteur », termine le chef syndical.