Chambly : parler davantage du vieillissement : un souhait pour George Wood
Le Centre d’Écoute Montérégie fête ses 20 ans. Nous sommes allés rencontrer George Wood, un Carignanois de 92 ans qui utilise la ressource depuis le décès de son épouse en 2020.
En 1995, l’épouse de George Wood a démontré ses premiers signes de développement de démence, à travers des changements de caractère soudains. En 2016, elle a été installée dans une résidence pour aînés. Elle a perdu la vie au début de l’année 2020. Le Carignanois a consulté une psychologue au CLSC du Richelieu en raison de sa difficulté à vivre le deuil. Elle lui a proposé le Centre d’Écoute Montérégie. « Je ne connaissais pas ça du tout. Je recherchais ce que je nomme « du contact ». Pour moi, ce n’est pas seulement de parler ou d’écouter, ni même le contenu, c’est quelqu’un qui sait que je suis en vie. Juste le fait que l’on me téléphone une fois par semaine, ça me donne une certaine validation », décrit-il.
M. Wood ne parle pas toujours avec le même bénévole. La communication varie selon l’intervenant qui lui est attribué. « Ils me prêtent leur oreille et j’essaie aussi, sans poser de questions, de les connaître, de redonner », mentionne-t-il. L’homme, qui a travaillé dans le milieu de le comptabilité, fait remarquer que « l’occasion de redonner se fait de plus en plus rare » en vieillissant.
À son anniversaire, il a reçu une carte signée de la main de bénévoles du Centre. Il témoigne une profonde reconnaissance envers ceux-ci. « Ils ont une place précieuse. Ma vie serait plus difficile sans eux. Je veux qu’ils soient conscients de ce qu’ils donnent. Je leur rappelle qu’ils doivent aussi prendre soin de la personne la plus importante dans leur vie, soit eux », confie-t-il.
Un sujet tabou
« Être âgé, c’est pas toujours rose. Mais moi, je suis chanceux, je suis lucide, même si je suis moins mobile », situe M. Wood. Il tient à parler de la vieillesse. Il met l’accent sur le fait que c’est un thème peu abordé. « Parce que c’est tabou! », estime-t-il. Il soutient que l’on ne « parle pas du positif » de la vieillesse. « Il y a de la vie encore. Je ne te dis pas que c’est 10 sur 10. Ça arrive, des matins que je suis obligé de me donner des coups de pied dans le derrière », convient le nonagénaire.
Il parle de Janette Bertrand, figure québécoise emblématique chez les aînés. « Je suis choqué contre Janette. Elle vit dans son royaume, avec son public, mais elle ne parle jamais du deuil », considère-t-il. M. Wood affirme qu’à 80 ans, les perceptions évoluent. « Je n’ai pas de difficulté à parler de la mort, mais la société n’aime pas ça. Ma fin n’est peut-être pas demain, mais elle n’est pas loin. Je n’ai pas peur. Ça nous donne le défi de vivre, même si c’est une petite vie. »
Une première expérience
Le Carignanois est l’exemple qu’il n’est jamais trop tard pour vivre une première fois. « Mon garçon pense que je suis capable de tout faire, que je suis un vieux Superman. À la blague, il m’a demandé ce que je voulais faire. J’ai nommé la Norvège. Il m’a dit « OK, on y va »… pis on est allés », raconte George Wood.
Ce voyage a eu lieu il y a un an, avec son fils, sa bru et ses petits-enfants. Il s’agissait de son tout premier voyage à vie. « Je n’ai pas été capable d’être actif pendant les dix jours, mais on a réussi ça ensemble. C’est encore possible! », fait entendre George Wood. Il mentionne avec le sourire que le prochain défi est le saut en parachute.
Le Centre d’Écoute Montérégie
Le Centre d’Écoute Montérégie a ouvert ses portes en mai 2006. Cet organisme est dédié à briser l’isolement et à soutenir les aînés de 50 ans et plus dans la région de la Montérégie. Grâce à une équipe de bénévoles formés en écoute active, il offre un espace confidentiel, bienveillant et sans jugement pour ceux qui ont besoin de parler ou de se sentir entendus. En répondant à plus de 27 000 appels par an, il contribue à créer des liens humains significatifs et à promouvoir le mieux-être dans sa communauté.